La réponse en 30 secondes
- La queue est le baromètre émotionnel : un fouettement pendant une caresse = stop immédiat, ton chat monte en pression.
- Les oreilles en mode avion sont un signal précoce de stress, souvent raté. Repère-les pour désamorcer avant l’escalade.
- Le slow blink (clignement lent) est un vrai signal d’apaisement : pratique-le pour répondre à ton chat en posture détendue.
- La Feline Grimace Scale aide à lire la douleur sur le visage. Un score ≥ 4/10 mérite un avis vétérinaire.
Lire le langage corporel, c’est comparer ton chat à lui-même
Chaque chat a sa baseline. Un chat naturellement réservé n’est pas un chat stressé, et un chat très expressif n’est pas forcément en demande. Apprends d’abord à connaître son état habituel (posture au repos, position des oreilles, rythme de queue quand il est tranquille). Ce sont les écarts par rapport à cette baseline qui te donneront l’information utile, pas les définitions abstraites. Avant de te dire « il est stressé » ou « il est en colère », demande-toi : est-ce qu’il fait ça d’habitude ?
1. La queue : le baromètre émotionnel
La queue est probablement le signal le plus lisible dans le langage corporel du chat, et pourtant l’un des plus souvent mal interprétés. Contrairement au chien, une queue qui bouge chez le chat ne signifie pas automatiquement la joie.Queue dressée verticalement : signe de confiance et de salutation. C’est le signal qu’un chat à l’aise envoie quand il t’approche avec de bonnes intentions.
Queue en point d’interrogation (légèrement recourbée en haut) : humeur joueuse, ouverture au contact.
Queue basse ou rentrée entre les pattes : peur, soumission ou inconfort marqué.
Queue gonflée, poils hérissés : peur intense ou agression imminente. Ne pas approcher.
Queue qui fouette d’un mouvement lent : concentration ou irritation montante. C’est souvent un avertissement qu’on ignore à ses risques et périls.
Pourquoi la queue fouette-t-elle ?
Le fouettement de queue est avant tout un signal de tension intérieure. Le chat est en train de monter en pression et hésite entre plusieurs options : rester, fuir, répliquer. Si tu repères ce mouvement pendant une séance de caresses, considère-le comme un gros voyant « stop » : arrête ce que tu fais, reste calme et laisse-lui la possibilité de partir. S’il se détend, tu pourras reprendre plus tard, mais sur une durée plus courte.
2. Les oreilles : le radar de l’humeur
Les oreilles du chat pivotent chacune indépendamment sur près de 180 degrés. Cela leur permet de surveiller deux sources sonores simultanément, sans bouger la tête. Elles sont aussi l’un des indicateurs d’humeur les plus fiables de son langage corporel.Les trois positions clés à reconnaître
Oreilles droites
Orientées vers l’avant : chat attentif, curieux, à l’aise dans son environnement.
Mode avion
Oreilles tournées sur les côtés : irritation montante ou anxiété légère. C’est le moment de laisser le chat tranquille.
Oreilles aplaties
Rabattues vers l’arrière : peur ou agressivité défensive. Le chat se sent menacé et peut passer à l’acte si la pression continue.
Pourquoi ce signal subtil est souvent raté
Les oreilles en mode avion font partie des tout premiers signaux de stress, et pourtant beaucoup d’humains les ratent parce qu’elles sont très subtiles. Si tu t’entraînes à les repérer, tu peux désamorcer une situation tendue bien avant qu’elle ne dégénère.
Et si ton chat a les oreilles atypiques ?
Tous les chats n’ont pas des oreilles bien droites et bien visibles. Quelques cas particuliers à connaître.
- Scottish Fold et Highland Fold : les oreilles pliées vers l’avant rendent la lecture des positions presque impossible. Compense en t’appuyant davantage sur la posture globale, le visage, la queue et les pupilles.
- Races aux oreilles très poilues (Maine Coon, Norvégien, Persan) : les touffes peuvent masquer les positions intermédiaires. Observe la base de l’oreille et son orientation générale plutôt que la pointe.
- Chats aux oreilles amputées (otite chronique sévère, chirurgie, séquelle de gelure) : la lecture se fait sur le reste du corps. Beaucoup de chats compensent en exprimant davantage par la queue et les yeux.
Règle générale : aucun signal n’est jamais à lire seul. Si les oreilles sont indisponibles ou trompeuses, le reste du corps continue de parler.
3. Les yeux : du slow blink au regard fixe
Le slow blink : le baiser de chat
Les yeux sont la partie la plus subtile de son langage corporel. Le slow blink (cligner lentement des yeux vers le chat) est reconnu scientifiquement comme un signal d’apaisement inter-espèces : les chats y répondent positivement, le reproduisent plus souvent et acceptent plus volontiers le contact. Tu peux l’initier toi-même pour lui montrer que tu ne représentes aucune menace. → détail Humphrey 2020 plus basComment pratiquer le slow blink
Place-toi à hauteur du chat, évite de le fixer directement, puis ferme les yeux lentement pendant une seconde et rouvre-les. Si le chat répond en clignant à son tour, c’est un signe de confiance et de bien-être. C’est l’un des rares gestes humains auxquels les chats répondent de façon cohérente.
Regard fixe et pupilles : les autres indicateurs
À l’inverse, un regard fixe et prolongé est un signal de confrontation dans le langage félin. Si ton chat te fixe sans cligner et sans détourner les yeux, tu regardes de la tension, pas de la tendresse. Les pupilles, elles, apportent une info en plus : dilatées en pleine lumière, sans lien avec l’éclairage, elles signalent souvent la peur ou une excitation intense. Très rétrécies en fente dans un environnement calme, elles peuvent indiquer de la concentration ou une agressivité légère.4. La posture : lire le corps dans son ensemble
Le chat confiant
Au-delà de chaque signal pris séparément, la posture est la partie du langage corporel du chat la plus facile à lire d’un seul coup d’œil. Un chat confiant occupe l’espace : il se déplace tête haute, queue dressée, corps détendu. Il peut se rouler sur le dos pour exposer son ventre, ce qui, contrairement au chien, n’est pas une invitation automatique aux caresses, mais un signe de confiance extrême. Attention toutefois : un chat douloureux peut aussi adopter brièvement des postures ouvertes (couché sur le flanc, ventre visible) sans que ce soit un signal de bien-être. Pour évaluer son état réel, recoupe toujours la posture avec son visage (Feline Grimace Scale) et ses habitudes : un chat qui s’expose mais qui mange moins, joue moins ou se cache davantage mérite une vérification. Le frottement de tête, ou bunting, fait partie des gestes d’affection les plus explicites. Quand ton chat presse sa tête contre toi, ton visage, ta main ou ta jambe, il dépose ses phéromones et t’intègre à son territoire affectif. Ce n’est pas anodin : un chat ne fait ça qu’avec des individus en qui il a une confiance réelle.
Le chat stressé ou en alerte
Un chat stressé, lui, se fait petit : dos légèrement arqué, pattes proches du corps, tête rentrée dans les épaules. Tu observes ces postures chez un chat que tu viens d’adopter ? C’est exactement ce dont parle notre guide sur socialiser un chat craintif adopté. La posture fermée est l’un des premiers signes qu’un espace de décompression adapté devient nécessaire. Le stade d’alerte maximal est difficile à rater : dos arqué, poils hérissés sur tout le corps, flancs exposés pour paraître plus imposant. À ce stade, forcer le contact est une erreur. Le chat a besoin d’espace et de temps, exactement comme lors des premières étapes pour apprivoiser un chat errant.La zone grise : signaux qui peuvent tromper
Certains comportements sont difficiles à lire parce qu’ils disent deux choses à la fois. Le ventre exposé en est l’exemple classique. C’est un signe de confiance extrême, mais rarement une invitation aux caresses. Beaucoup de chats répondent par une morsure défensive si tu touches cette zone. Les love bites, ces petites morsures douces que ton chat pose sur ta main en pleine séance de caresses, suivent la même logique. C’est un geste d’affection et un signal de saturation en même temps. Quand elles arrivent, c’est le moment de s’arrêter, pas de continuer.
Agressivité par peur vs agressivité offensive
Ces deux états se ressemblent visuellement mais demandent des réponses opposées. L’agressivité par peur apparaît quand le chat se sent acculé, sans échappatoire : posture recroquevillée, oreilles aplaties, feulements. Il ne cherche pas la confrontation, il veut fuir. La bonne réaction : lui offrir une sortie, ne jamais le coincer. L’agressivité offensive se reconnaît à une posture haute, un regard fixe, une avancée lente et délibérée. Le chat cherche à contrôler l’espace ou à défendre son territoire. Face à ça, recule calmement et sans brusquerie, sans jamais fuir en courant, car cela déclencherait l’instinct de poursuite.
5. Le visage : lire la douleur dans le langage corporel du chat (Feline Grimace Scale)
Le langage corporel du chat ne sert pas seulement à décoder ses émotions du quotidien. Il permet aussi de repérer un signal que les chats savent parfaitement cacher : la douleur. Héritage de leur passé de prédateur solitaire, montrer une faiblesse les exposerait. Résultat : ton chat peut souffrir sans miauler, sans boiter et sans presque rien changer à son comportement visible.
Heureusement, son visage parle. Une équipe vétérinaire canadienne a mis au point une grille d’évaluation validée scientifiquement pour détecter la douleur féline à partir de cinq critères faciaux. C’est la Feline Grimace Scale, accessible gratuitement aux propriétaires sur felinegrimacescale.com. → détail Evangelista 2019 plus bas
L’échelle évalue cinq zones du visage, chacune notée 0 (normal), 1 (modérément modifiée) ou 2 (nettement modifiée). Le score total va donc de 0 à 10.
Quand t’alarmer : combos FGS et comportement
La grille faciale prend tout son sens quand elle se combine à un changement de comportement. Voici les associations qui doivent te faire consulter sans attendre.
- Plissement orbital persistant + chat qui ne saute plus sur le canapé ou ses zones habituelles : suspicion de douleur articulaire ou abdominale.
- Oreilles aplaties au repos + refus de s’alimenter depuis 24 heures : douleur buccale ou viscérale fréquente, urgence.
- Grimace persistante + chat qui se cache en permanence dans un endroit inhabituel : c’est le réflexe d’un chat qui souffre et cherche à s’isoler.
- Moustaches tendues vers l’avant + posture en boule serrée sans changement de température ni de saison : douleur aiguë probable.
Ces combinaisons justifient une consultation vétérinaire le jour même, pas la semaine suivante.
- Position des oreilles : dressées et orientées vers l’avant (0), légèrement écartées ou aplaties (1), franchement plaquées vers l’extérieur en « avion » (2).
- Plissement orbital (orbital tightening) : yeux ouverts normalement (0), partiellement fermés (1), fortement plissés voire fermés (2). C’est souvent le premier signe.
- Tension du museau : museau détendu et rond (0), légèrement tendu (1), nettement contracté et allongé (2).
- Position des moustaches : détendues et orientées sur les côtés ou vers le bas (0), légèrement tendues vers l’avant (1), tendues et raides dirigées vers l’avant (2).
- Position de la tête : portée au-dessus de la ligne des épaules (0), alignée avec les épaules (1), tête basse sous la ligne des épaules ou rentrée (2).
Tu peux t’entraîner à reconnaître ces critères grâce au site officiel felinegrimacescale.com, qui propose des photos comparatives et un outil interactif. Notre guide complet pour reconnaître la douleur chez le chat reprend cette grille et la combine avec les autres signes comportementaux à surveiller. Plus tu observes ton chat quand il va bien, plus tu repéreras vite les changements quand quelque chose ne va pas.
Un outil d’orientation, pas un diagnostic
La Feline Grimace Scale t’aide à repérer une douleur probable, pas à la diagnostiquer ni à l’expliquer. Si le score de ton chat est élevé, ou si tu as un doute, prends contact avec ton vétérinaire. Seul un examen clinique permet d’identifier la cause et de mettre en place un traitement adapté à sa situation.
Langage corporel du chat et vocalisations : lire les deux ensemble
Ronronnement et miaulement : ne pas se fier aux sons seuls
Le langage corporel prime toujours sur les vocalisations, mais les deux se lisent ensemble. Un ronronnement accompagné d’un corps tendu et d’oreilles en arrière n’est pas un ronronnement de bien-être : c’est souvent un ronronnement de stress ou d’auto-apaisement. À l’inverse, un miaulement bref accompagné d’une queue dressée et d’une posture ouverte est une salutation franche. Le miaulement lui-même est une forme de communication développée quasi exclusivement à destination des humains : les chats adultes miaulent très rarement entre eux. Pour aller plus loin, notre dossier pourquoi mon chat miaule : les 5 types de miaulements détaille comment distinguer la demande, la salutation, le stress, la douleur et la confusion sénile. Quand tu lis le langage corporel du chat dans sa globalité, des comportements qui te semblaient « mystérieux » deviennent logiques. Il quitte la pièce au moment où tu t’approches ? Regarde sa queue et ses oreilles juste avant : souvent, tu verras un début de mise à distance. Il accepte les caresses le soir mais pas le matin ? Compare la posture, les pupilles, le rythme de la queue. Ce slow blink échangé en silence n’est plus juste un moment mignon : c’est une vraie phrase que vous échangez. La relation avec un chat, c’est d’abord ça : apprendre sa langue pour arrêter de prendre ses réactions contre toi.276 expressions faciales : ce que la dernière science nous apprend
Tu sais quoi ? On a longtemps pensé que le chat avait un visage assez figé, à peu près neutre, surtout comparé au chien. La science récente a fait voler ça en éclats : le chat domestique produit 276 expressions faciales distinctes, formées par la combinaison de 26 mouvements faciaux élémentaires (oreilles, paupières, narines, vibrisses, lèvres, langue).Trois grands « registres » identifiés
Ces expressions se répartissent en deux grands pôles : environ 45 % d’expressions amicales, 37 % d’expressions agressives, le reste étant des expressions ambiguës ou de transition. La signature d’une expression amicale typique : oreilles et vibrisses tournées vers l’avant, paupières plissées (le fameux slow blink en fait partie). Côté agressif : oreilles aplaties vers l’arrière, pupilles rétrécies en fente, lèvres légèrement retroussées. → détail Scott & Florkiewicz 2023 plus basConcrètement, qu’est-ce que ça change pour toi ?
Regarde ton chat, vraiment regarde-le. Tu n’as plus besoin de te concentrer uniquement sur la queue et les oreilles. Le coin de la bouche, les vibrisses, les paupières racontent autant. La règle pratique : un visage de chat où les vibrisses partent vers l’avant et la paupière s’abaisse à demi est presque toujours un visage en confiance. Un visage où les vibrisses se plaquent vers l’arrière et la pupille s’étire est presque toujours un visage en alerte. Cette grille te donne une lecture beaucoup plus fine, même dans des situations subtiles.
Ce qu’il faut retenir du langage corporel du chat
- Aucun signal ne se lit isolément : c’est la combinaison queue, oreilles, yeux, vibrisses et posture qui donne le sens. Une queue dressée et un dos arqué ne disent pas la même chose qu’une queue dressée et un corps détendu.
- Le visage du chat est beaucoup plus expressif qu’on l’a longtemps cru : 276 expressions documentées. Vibrisses vers l’avant et paupières mi-closes = confiance. Vibrisses plaquées et pupilles en fente = alerte.
- Le slow blink est le signal le plus accessible : un échange de clignements lents, c’est littéralement un « je te fais confiance » envoyé et reçu, scientifiquement validé.
- Apprendre cette langue prend du temps, mais c’est ce qui transforme la cohabitation en vraie relation. Plus tu lis ton chat finement, plus il sent que tu le comprends, et plus il ose se livrer.
Ce que dit vraiment la science (pour aller plus loin)
Si tu veux comprendre pourquoi on affirme ce qu’on affirme dans cet article, voici les études sur lesquelles tout repose. C’est plus dense que la première partie, mais pensé pour les curieux comme pour les puristes.Sur le slow blink comme signal d’apaisement : Humphrey 2020
L’étude de Humphrey, Proops, Forman, Spooner et McComb (Université de Sussex) publiée dans Scientific Reports en 2020 a testé deux expériences contrôlées.
- Expérience 1 : 21 chats observés à domicile face à leur propriétaire dans deux conditions (regard neutre vs slow blink).
- Expérience 2 : 24 chats face à un humain inconnu, avec ou sans slow blink.
- Mesures : fréquence des slow blink / half-blink en réponse, approche, contact avec la main tendue.
🔬 Verdict scientifique : les chats répondent significativement plus souvent par un slow blink quand leur humain le pratique, et acceptent plus volontiers de s’approcher d’un inconnu qui le pratique. Le clignement lent est un signal de communication positif validé.
Ce que l’on en retient : ce micro-geste, gratuit, est l’un des rares outils que tu peux activer à volonté pour signaler « pas de menace » à un chat, le tien ou un inconnu.
Sur la Feline Grimace Scale : Evangelista 2019
Marina Evangelista et coll. (Université de Montréal) ont publié dans Scientific Reports en 2019 l’étude de validation initiale de la Feline Grimace Scale.
- Échantillon : 35 chats hospitalisés.
- Mesures : 5 unités d’action faciales (position des oreilles, plissement orbital, tension du museau, position des moustaches, position de la tête), scorées 0, 1 ou 2.
- Score total : sur 10.
🔬 Verdict scientifique : la FGS atteint une sensibilité de 99 % pour détecter une douleur cliniquement significative au seuil de 4/10, avec une excellente cohérence inter-observateurs.
💊 Application clinique : au-dessus de 4/10 sur la FGS (échelle accessible librement sur felinegrimacescale.com), le réflexe est la consultation vétérinaire.
Ce que l’on en retient : un score FGS strict, fait après quelques minutes d’observation calme, est plus fiable qu’une impression générale.
Sur les 276 expressions faciales : Scott & Florkiewicz 2023
Lauren Scott et Brittany Florkiewicz (Lyon College) ont publié dans Behavioural Processes en 2023 une étude observationnelle dans un cat café de Los Angeles.
- Échantillon : 53 chats domestiques filmés en interactions libres.
- Durée : 10 mois d’observation.
- Méthode : codage systématique de chaque mouvement facial selon une grille (26 unités d’action faciales élémentaires : oreilles, paupières, narines, vibrisses, lèvres, langue).
🔬 Verdict scientifique : 276 expressions faciales distinctes documentées, formées par la combinaison de 26 unités d’action. Répartition : ~45 % amicales (vibrisses et oreilles vers l’avant, paupières plissées), ~37 % agressives (oreilles aplaties, pupilles en fente, lèvres retroussées), le reste ambigu ou de transition. Palette comparable à celle d’autres mammifères très sociaux.
Ce que l’on en retient : le chat n’est pas un animal à « visage figé ». Tu peux lire bien plus que la queue et les oreilles si tu apprends à observer vibrisses, paupières et coin de la bouche.
Sur le système CatFACS : Caeiro et al.
Cátia Correia-Caeiro et collaborateurs (Université de Lincoln) ont développé le Cat Facial Action Coding System (CatFACS), une cartographie anatomique de 15 unités d’action faciales chez le chat, inspirée du FACS d’Ekman utilisé chez l’humain. Le CatFACS donne un cadre standardisé pour décrire ce que fait précisément chaque muscle facial du chat, et sert de base à toutes les études comparatives sur l’expressivité féline (dont Scott & Florkiewicz 2023 et Evangelista 2019). Ce que l’on en retient : tu n’as pas besoin de connaître les 15 unités d’action pour utiliser cette grille. Mais sache que quand un vétérinaire ou un comportementaliste te parle de « plissement orbital » ou de « tension du museau », ce sont des codes anatomiques précis, pas des impressions.Sur le contexte général de la communication féline : Turner 2021 & iCatCare
La revue de Dennis C. Turner dans Frontiers in Veterinary Science (2021) synthétise plusieurs décennies de recherche sur les interactions sociales chat-humain et confirme que les vocalisations (miaulement) ont évolué chez le chat domestique principalement comme outil de communication vers l’humain, pas vers ses congénères. L’International Cat Care (iCatCare) formalise la règle pratique : toujours lire le langage corporel avant les sons, parce qu’un même ronronnement peut signifier bien-être (corps détendu, paupières mi-closes) ou stress et auto-apaisement (corps tendu, oreilles en arrière). Ce que l’on en retient : un chat qui ronronne avec un corps fermé n’est pas un chat heureux, c’est un chat qui se calme tout seul.Foire aux questions
Quels sont les signes qu’un chat aime son humain ?
Le langage corporel du chat exprime l’affection de plusieurs façons : le slow blink (clignement lent des yeux), la queue dressée en point d’interrogation en s’approchant de toi, le frottement de tête (bunting), le pétrissage avec les pattes, et le ronronnement dans un corps détendu. Ces signaux, lus ensemble, indiquent un chat en confiance qui t’inclut dans son territoire affectif.
Comment savoir si mon chat est stressé ?
Les principaux indicateurs de stress dans le langage corporel du chat sont : les oreilles en mode avion ou aplaties, la queue basse ou qui fouette, les pupilles dilatées en pleine lumière, le corps ramassé ou le dos arqué. Un ronronnement accompagné de ces signaux n’est pas un ronronnement de bien-être. Si ces comportements persistent, il est conseillé de consulter un vétérinaire ou un comportementaliste félin. Notre guide sur socialiser un chat craintif adopté peut aussi t’aider à comprendre ces signaux.
Comment un chat dit-il bonjour ?
Dans le langage corporel du chat, la salutation classique se fait avec la queue dressée verticalement, parfois légèrement recourbée en pointe. Le chat peut aussi frotter sa tête contre toi (bunting) pour déposer ses phéromones et marquer son lien affectif. Un slow blink à distance est également une forme de salutation apaisante. Pour aller plus loin, notre guide sur apprivoiser un chat sauvage explique comment décoder ces signaux dans un contexte de première approche.
Pourquoi mon chat se cache-t-il et que veut dire son langage corporel à ce moment-là ?
Se cacher sous le lit, dans un placard ou dans une pièce isolée fait partie du répertoire normal du chat : c’est un mécanisme de régulation émotionnelle, pas un symptôme à corriger. Le langage corporel associé t’aide à interpréter ce qui se joue. Un chat lové en boule, oreilles neutres, respiration calme, qui sort spontanément aux repas : il décompresse, laisse-le faire. Un chat en boule serrée, oreilles aplaties, pupilles dilatées en permanence, qui refuse de manger ou de boire pendant plus de 24 heures : c’est de la détresse, pas de la décompression, et il faut consulter. Ne le force jamais à sortir : agenouille-toi à distance, baisse la voix, propose de la nourriture appétente et observe la queue et les oreilles. Si elles se détendent en ta présence, la confiance se reconstruit.
Comment réagir face aux signaux
Lire le langage corporel du chat, c’est bien. Savoir quoi faire avec ces informations, c’est mieux.Face aux signaux d’affection
Réponds de façon cohérente : si ton chat initie un slow blink, réponds-lui. S’il frotte sa tête contre toi, laisse-le faire sans le retenir. L’affection féline fonctionne à l’initiative du chat. Forcer le contact quand il ne l’a pas demandé érode la confiance sur le long terme.
Face aux signaux de stress
La règle d’or : arrête ce que tu fais. Pas besoin de t’éloigner précipitément, les mouvements brusques aggravent la situation. Ralentis, baisse-toi si possible, détourne le regard. Donne-lui une sortie visible : un chat qui peut partir choisit souvent de rester.
Face aux signaux ambigus
Observe le contexte global plutôt qu’un seul signal. Queue dressée et oreilles droites et regard ouvert : approche ok. Queue dressée mais oreilles tournées et corps légèrement tendu : attends qu’il vienne à toi. Un seul signal ne dit jamais toute l’histoire.
Éviter la morsure pendant les caresses (surstimulation)
La fameuse morsure d’amour qui surprend en pleine séance câlin n’est pas un caprice : c’est le signe qu’un avertissement a été raté. Le chat tolère le contact jusqu’à un seuil, puis bascule.
- Durée maximale par séance : 1 à 3 minutes pour la plupart des chats, sauf demande explicite de leur part. Mieux vaut plusieurs micro-séances qu’une seule très longue.
- Zones à privilégier : joues, dessous du menton, base des oreilles, haut de la tête. Ce sont les zones où il dépose ses phéromones par marquage.
- Zones à éviter : ventre, pattes, base de la queue, bas du dos. Même un chat confiant peut y devenir réactif.
- Signaux d’alerte juste avant la morsure : peau du dos qui frémit, queue qui commence à battre, oreilles qui pivotent en arrière, pupilles qui s’élargissent brusquement. Arrête au premier de ces signes.
Sources scientifiques
The role of cat eye narrowing movements in cat-human communication
Scientific Reports, University of Sussex · 2020
The Mechanics of Social Interactions Between Cats and Their Owners
Frontiers in Veterinary Science · 2021
International Cat Care · langage corporel et communication féline
The Domestic Cat: The Biology of its Behaviour
Cambridge University Press · 2000
Feline faces : Unraveling the social function of domestic cat facial signals
Behavioural Processes · 2023
